Voici quelques enseignements de cette étude qui offre un éclairage détaillé sur l’état de l’opinion publique française et européenne.
L’opinion des Français à l’égard de l’avenir apparaît contrastée. Une large majorité (68 %) se déclare pessimiste quant à l’avenir du monde, un niveau bien supérieur à la moyenne européenne (52 %). Pourtant, lorsqu’ils envisagent leur propre trajectoire, les Français se montrent nettement plus confiants : 55 % sont optimistes pour l’avenir de leur famille et d’eux-mêmes, 41% pour l’avenir de l’UE et 36 % pour celui de la France, des niveaux qui demeurent néanmoins inférieurs à ceux observés dans le reste de l’UE.
Les préoccupations de sécurité occupent une place centrale : plus de 7 Français sur 10 se disent très inquiets du terrorisme (74 %, 7 points de plus que la moyenne européenne),des conflits aux portes de l’UE (72 %) et des catastrophes naturelles liées au changement climatique (69 %). À ces menaces s’ajoutent des inquiétudes sociétales : les discours haineux en ligne et hors ligne (72 %), la désinformation (71 %) et les contenus manipulés par l’intelligence artificielle, tels que les deepfakes (69 %), sont perçus comme des risques majeurs pour la cohésion sociale et la qualité de l’information. Ces niveaux d’inquiétude s’inscrivent globalement dans la même dynamique que ceux observés dans les autres États membres.
Face à ces défis, les attentes envers l’Union européenne sont fortes. Pour 70 % des Français, l’UE devrait renforcer son rôle dans la sécurité et la protection face aux crises internationales, et 90 % estiment que les États membres doivent être plus unis pour faire face aux défis mondiaux actuels. Les domaines jugés prioritaires pour l’action européenne sont la défense et la sécurité (45 %, +7points depuis mai 2025), suivis par la compétitivité économique et industrielle (28 %, -1 point) ainsi que l’éducation et la recherche (27 %, -2 points),considérés comme des leviers stratégiques pour maintenir l’influence européenne.
Sur le plan des priorités politiques, les citoyens souhaitent que le Parlement européen se concentre avant tout sur l’inflation, la hausse des prix et le coût de la vie (49 %, +1 point), puis sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (38 %, +2 points) et sur la santé publique, en nette hausse (36 %, +9 points). Les Français se montrent ainsi sensiblement plus préoccupés par ces enjeux que la moyenne européenne. De fait, ces attentes s’inscrivent dans un climat d’inquiétude quant à l’avenir matériel : 45 % (-1 point) des Français s’attendent à une baisse de leur niveau de vie dans les cinq prochaines années, un pessimisme plus marqué que dans le reste de l’UE (28 %, +1 point).