La crise énergétique s’installe durablement dans le paysage des préoccupations des Français
Près de sept sur dix (68%) estiment qu’elle est appelée à se répéter, et l’inquiétude est massive : 92% se disent préoccupés par la hausse des prix de l’énergie, dont plus de la moitié (54%) de manière intense. Le sujet s’impose ainsi comme une anxiété structurante.
Face à cette pression, les arbitrages sont déjà bien engagés, souvent contraints
Plus de sept Français sur dix (71%) déclarent avoir modifié leurs comportements pour faire face à la hausse des prix. Les premiers ajustements portent sur les dépenses les plus flexibles, comme les loisirs (50%), avant de toucher des postes plus sensibles : un tiers (33%) réduit des dépenses essentielles, 22% puisent dans leur épargne et 6% vont jusqu’à réduire ou cesser une activité professionnelle. À l’inverse, 29% déclarent n’avoir rien changé.
Dans ce contexte, l’électrification peine à être perçue comme une solution protectrice
Seuls 39% des Français estiment que les ménages équipés (véhicule ou chauffage électrique) sont mieux protégés, contre 47% qui ne le pensent pas.
Pourtant, les ménages effectivement équipés de solutions électriques ressentent moins violemment le choc que les utilisateurs de chauffage au gaz ou de véhicules diesel.
La crise énergétique met au jour une ambivalence forte à l’égard de l’État. Largement considéré comme profiteur de la hausse des prix du pétrole, il alimente un sentiment d’injustice et de défiance. Dans le même temps, il demeure le principal recours attendu, identifié comme le seul acteur en mesure de protéger le pouvoir d’achat et d’amortir les effets de la crise. Cette tension révèle un rapport profondément paradoxal à l’action publique, à la fois mise en cause et jugée incontournable.
Enfin, sur le temps long, la transition énergétique est d’abord pensée sous l’angle de l’autonomie plutôt que de l’écologie