Cette enquête a été réalisée en face-à-face dans les 27 pays membres de l’Union européenne en novembre 2025.
Les principaux enseignements pour la France sont les suivants :
L’antisémitisme est largement perçu comme un problème en France : 74% des Français (+2 points par rapport à la précédente enquête de décembre 2018) le considèrent comme préoccupant, un niveau nettement supérieur à la moyenne européenne (55%, +5 points). La France est le pays où cette préoccupation est la plus fortement exprimée, suivie par l’Italie (73%, +15 points), la Suède (73%, -8 points), l’Allemagne (71%, +5 points) et les Pays-Bas (71%, +6 points).
Le sentiment d’une aggravation du phénomène est également très marqué et en nette progression : 63 % des Français (+12 points) estiment que l’antisémitisme a augmenté au cours des cinq dernières années en France, contre 47 % (+11 points) dans l’UE. Ce diagnostic est particulièrement partagé par le Pays Bas (78%, +23 points), la Suède (71%, -2 points), le Danemark (69%,+19 points), et l’Allemagne (67%, +6 points).
Les formes d’antisémitisme jugées les plus préoccupantes sont celles qui touchent directement les personnes ou les lieux symboliques.9 Français sur 10 (90 %, +7 points) considèrent les attaques physiques comme un problème majeur, suivies par les graffitis et actes de vandalisme visant des bâtiments juifs (88 %, +8 points), la profanation des cimetières (88 %, +4points) et les manifestations d’hostilité ou menaces dans l’espace public (88 %,+8 points). A cet égard, la France est le pays de l’UE où ces faits sont les plus fortement dénoncés par les personnes interviewées.
Sur le plan des connaissances, une majorité relative de Français (62 %, -13 points) juge être mal informée sur l’histoire et la culture juives, un niveau équivalent à celui observé dans l’UE (63 %, -5 points), bien qu’en baisse.
La perception du cadre légal encadrant l’antisémitisme progresse : 79 % des Français (+5 points) pensent qu’il existe une loi criminalisant l’incitation à la haine contre les personnes juives et 57 % (+11 points) qu’une loi punit la négation de la Shoah. En revanche, seuls 47 % (+ 8 points) des Français estiment que la Shoah est suffisamment enseignée dans les écoles, un constat partagé au niveau européen (48%, +5 points).
Le contexte international joue un rôle déterminant dans ces perceptions. 8 Français sur 10 (80 %, +17 points) déclarent que les conflits au Moyen‑Orient influencent la manière dont sont perçus les Juifs français par les gens en France ; 37% d’entre eux répondent même « oui, tout à fait » (+12 points). Cette influence est davantage reconnue parmi les sympathisants de gauche (88 %) que de droite (79 %).